Couleurs de tomates…Tomates de couleurs

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Aujourd’hui extraction de semences de quelques variétés de tomates cultivées sur la ferme : Striped German, Raisin Vert, Bleue et Golden Jubilee

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Combien de patates…le retour

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Le 23 juillet et le 9 août, nous avons récolté les pommes de terre que nous avions plantées le 1er avril dernier.

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Les patates occupaient 4 planches de 11 à 12 mètres de long, 1,20 m de large et 2 rangs par planche. La surface totale était de 69 m² en incluant les passe-pieds.

Les semences proviennent de Payzons Ferme pour la quasi-totalité. Les variétés plantées sont les suivantes : Apollo 4,5 Kg en calibre 28/40 et Eden 12 Kg en calibre 40/45.

La variété Apollo occupait 1,5 planches de 12 ml soit 27 m² et la variété Eden était sur 2,5 planches de 11 ml soient 42 m².

Voici les résultats de la récolte de ces pommes de terre :

  • Apollo : 96,36 Kg récoltés dont 14,93 Kg destinés au cochon (tubercules verts, abîmés ou d’un calibre inférieure à 25 mm). La proportion de cette dernière catégorie est donc de 15,49 %. Le rendement total par m² est de 3,57 Kg. Le rendement valorisable est lui de 3,02 Kg/m².
  • Eden : 203,35 Kg récoltés dont 25,01 Kg pour le cochon soient 12,3 %. Le rendement total par m² est de 4,84 Kg. Le rendement valorisable est lui de 4,24 Kg ce qui reste assez important.

Voyons maintenant de quelle façon ces pommes de terre ont été conduites. Les planches sont placées dans un jardin que nous cultivons depuis l’année dernière pour la partie où se situait la variété Eden et pour ce printemps pour la variété Apollo. Ce jardin est conduit selon les principes suivants : pas de travail du sol, concentration de la fertilité sur des surfaces réduites, emploi systématique de mulchs nourriciers.

A l’automne, les planches destinées à recevoir la variété Apollo ont reçu une dizaine de centimètres de fumier de brebis provenant de la bergerie toute proche. Puis, en fin d’hiver une bâche noire d’occultation a été posée plusieurs semaines sur les planches avant la plantation afin de dévitaliser les plantes spontanées qui avaient poussé à travers la couche de fumier. Les planches implantées en Eden avait pour la part reçu une importante quantité de fumier l’année précédente et des courges avaient été cultivées avant les pommes de terre. Là les pommes de terre ont été enfouies superficiellement dans le sol en utilisant un sillonneur (cf photo en haut à gauche).

Les semences ont été plantées dans le fumier au niveau du sol puis les planches ont été recouvertes d’une couche d’environ 20 cm de vieux foin. Au préalable 2 gaines d’irrigation par planche ont été placées au niveau du sol à proximité des plants.

Ce sont les seules opérations culturales qui ont été effectuées en dehors de la récolte. Avec la pluviométrie du printemps et du début de l’été il n’y a eu aucun arrosage réalisé. En effet, les 286,5 mm d’eau tombés durant cette périodes ont été suffisants pour la culture. Il est à noter que 117,5 mm sont tombés au mois de juillet alors que la moyenne pour ce mois depuis 2005 est de 53 mm.

Voilà pour ces résultats qui sont assez intéressants et qui démontrent qu’il est possible de produire de façon conséquente sur de petites surfaces à condition de gérer convenablement la fertilité du sol, de le travailler au minimum et de le couvrir de matières organiques.

Qu’est-ce que l’agroécologie ? Une tentative de définition…

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Qu’est-ce que l’agroécologie ?

C’est une approche de l’agriculture basée sur un ensemble de principes visant à la conception et au maintien d’agro-écosystèmes dans une perspective de durabilité. Un agro-écosystème est un système agricole ayant pour but de produire des denrées en ajoutant les composantes écologiques que l’on retrouve dans les écosystèmes naturels afin de ramener des processus biologiques qui ont été négligés depuis trop longtemps en agriculture conventionnelle. En effet, dans les agrosystèmes, les interventions des agriculteurs sont souvent maximales et peu de place est laissée à la vie.

Le sol vivant est au coeur des principes qui régissent l’agroécologie et des techniques qui sont appliquées.

L’écosystème sol vivant :

Le sol n’est pas que le seul assemblage de particules physiques entre elles. Il est bien plus que ça. Il est certes constitué d’une matrice physique (argiles, sables et limons notamment), mais il englobe tous les êtres vivants qui sont à l’intérieur (macro-organismes et micro-organismes), mais aussi et surtout les racines et les parties aériennes des plantes qui y poussent et également les animaux qui vivent dessus. Les végétaux (plantes et arbres) sont indispensables dans un sol vivant car leurs systèmes racinaires sont une interface essentielle où de nombreux échanges ont lieu. Les arbres notamment peuvent être considérés comme les pivots des agro-écosystèmes.

Un autre phénomène important existe. Il est basé sur les relations que les êtres vivants entretiennent entre-eux dans des chaînes alimentaires plus ou moins complexes, qui transforment à terme la matière organique animale et végétale en humus et en minéraux, contribuant ainsi à l’alimentation des plantes et à l’augmentation de la fertilité du système.

A partir d’un minimum de connaissances et de prise en considération des processus à l’œuvre au niveau de ce sol vivant, on peut pratiquer une agriculture agroécologique respectueuse du sol, en appliquant un certain nombre de techniques basées sur les principes suivants.

Les principes de l’agroécologie

  • Un travail respectueux du sol et de la vie qu’il abrite

Dès que l’importance de favoriser les processus biologiques à l’œuvre au niveau du sol est prise en compte, il devient nécessaire de trouver des façons respectueuses de travailler le sol. Il importe ici, comme dans d’autres domaines, de trouver le meilleur compromis entre le fonctionnement naturel du sol et les impératifs liés à l’activité agricole. Ceci est de la responsabilité de chaque agriculteur et les réponses apportées pourront donc varier d’une structure à une autre, mais une chose doit rester commune : la recherche d’aggradation (c.a.d. le contraire de la dégradation) du sol à moyen et long terme.

Des phases de transition sont souvent nécessaires à ce processus de changement vers des pratiques agroécologiques. En matière de travail du sol, le point de départ est bien souvent l’arrêt des labours profonds et systématiques. Ceci peut donc aller des techniques culturales simplifiées (travaux superficiels, travaux plus ou moins profonds sans retournement du sol) jusqu’au semis direct sous couvert et au non-travail du sol. L’implantation des cultures (semis ou plantation) se fait alors sans aucun travail du sol et dans des couverts végétaux (semés sur place et détruit) ou bien dans des mulchs (couverture du sol avec diverses biomasses). Dans les principes importants à retenir, le sol doit être couvert tout au long de l’année avec des plantes et des racines vivantes pour maximiser la vie du sol et les processus biologiques.

  • L’entretien de la fertilité du sol

Voici un point essentiel qui amène à une rupture fondamentale avec les pratiques de l’agriculture conventionnelle (chimique ou biologique). Il ne s’agit pas d’apporter aux cultures des éléments nutritifs (notamment le fameux trio des éléments majeurs NPK pour azote-phosphore-potassium), mais bien de nourrir la vie du sol pour ensuite nourrir les cultures et les animaux d’élevage. Et cette nourriture de la vie du sol passe par une chose fondamentale beaucoup trop oubliée depuis plus de 70 ans : donner des matières organiques (c’est à dire du carbone) à digérer à la vie du sol. Le rôle de l’agriculteur est alors de fournir le gîte et le couvert à la vie du sol et de gérer le carbone. L’aggradation d’un sol passe bien par la mise à disposition de carbone organique dans le sol couplée à la présence permanente de plantes et donc de racines vivantes (plantes cultivées et récoltées mais aussi plantes cultivées pour les laisser être décomposées par la vie du sol). En terme de techniques, on trouve là toute une diversité de pratiques : couverts végétaux, mulchs nourriciers, composts, fumiers, amendements organiques, mais aussi place des praires dans les rotations, BRF (Bois Raméal Fragmenté) et broyâts forestiers, etc.

C’est en amenant du carbone organique et en réduisant, voire en supprimant le travail du sol, que l’on peut parvenir à une régénération des sols agricoles sérieusement malmenés par les pratiques conventionnelles depuis tant de décennies.

  • Traitements et soins

Voilà un autre point essentiel à la constitution d’un agro-écosystème.

Classiquement, les traitements sur les cultures sont vus comme la lutte contre les ravageurs et maladies des cultures. Cette approche est une réalité lorsqu’une culture présente une attaque de maladies ou de ravageurs, mais elle n’est pas la seule réponse à apporter. Le problème des ravageurs et des maladies doit être pris en compte à l’échelle de l’agro-écosystème. Il convient de veiller à ce que ce dernier soit en capacité d’offrir suffisamment de ressources et d’abris pour les prédateurs naturels des ravageurs et c’est avant tout une question de biodiversité. Ensuite, il est assez intéressant de travailler en amont des difficultés en utilisant des techniques préventives avec notamment l’usage de soins naturels à base de plantes ou de micro-organismes. On parle de phytostimulants qui sont des produits permettant à la fois de stimuler les fonctions physiologiques des plantes ou des animaux, mais également d’induire une réaction de défense en l’absence d’agression véritable. Ceci peut grandement aider plantes et animaux en cas d’agression par des ravageurs et des maladies. On parle alors de renforcement immunitaire. A l’échelle du sol, il est également possible de travailler avec des inocula, c’est à dire des préparations de micro-organismes inoculées au sol pour favoriser certaines espèces bénéfiques aux processus biologiques et donc aux cultures et aux animaux.

  • Semences adaptées

Les semences sont un point fondamental en agriculture paysanne et en agriculture plus généralement. Lorsque l’on travaille sur des agro-écosystèmes il est important de prendre en compte le type de semences que l’on va utiliser. En ce sens, les semences paysannes de variétés-populations sont essentielles car elles sont reproductibles et permettent à terme une adaptation des plantes cultivées non seulement aux conditions pédoclimatiques de l’agro-écosystème mais aussi, et surtout, à l’évolution de ces conditions. La réglementation française en la matière ne tient absolument pas compte de ces facteurs et privilégie donc très largement les semences d’hybrides F1 non adaptées à l’évolution des agro-écosystèmes et dont les principes en terme éthique sont largement discutables.

  • Rotations et associations

Les rotations des cultures sont une pratique fort ancienne un temps délaissée par l’agriculture moderne. Mais elles reviennent en force, notamment en tant que principe essentiel en agriculture biologique et plus récemment en agriculture de conservation des sols. Le principe des rotations et d’alterner des cultures sur une même parcelle en se basant sur les familles botaniques, sur les besoins en fertilisation, sur le phénotype, etc. Les principes de rotations existent aussi en élevage avec les techniques de pâturage tournant dynamique par exemple ou encore l’alternance des espèces sur les pâtures en prévention du parasitisme. Lorsque l’on travaille sur un agro-écosystème stable, au bout de quelques années, on pourrait s’affranchir des rotations à partir du moment où les phénomènes biologiques de régulation de la fertilité et des ravageurs et maladies sont laissés au bon fonctionnement biologique du système. C’est ce que font certains maraîchers notamment dans ce que l’on appelle le MSV (Maraîchage Sol Vivant). Ceci peut aussi advenir si les associations de cultures sont prédominantes dans le système agricole mis en place. Les associations de cultures sont le contraire de la monoculture. Plusieurs plantes sont alors présentes sur une même parcelle et cohabitent ensemble au plus grand bénéfice de l’agro-écosystème. Il est à noter que les associations concernent également l’élevage avec les associations cultures-élevages ou la combinaison de plusieurs types d’élevage sur une même structure. Ces pratiques d’associations de cultures ne sont pas encore très développées car un frein majeur réside dans la recherche de productivité et de rationalisation des cultures en lien avec les récoltes et les impératifs économiques qui pèsent sur les agriculteurs. Néanmoins, il est possible de travailler dans ce sens. Une association de cultures majeure et indispensable à l’agro-écosystème est celle des arbres avec les productions agricoles (et pas seulement les cultures d’ailleurs puisque l’élevage est bien entendu concerné). C’est ce que l’on nomme agroforesterie ou agrosylvopastoralisme. Les arbres quels qu’ils soient, font partie de l’association de culture indispensable à la constitution et au maintien des agro-écosystèmes. Ils demeurent les pivots de l’agro-écosystème et ceci devient de plus en plus vrai avec les changements climatiques que nous subissons. Seuls les arbres sont en capacité de créer des micro-climats favorables aux cultures, aux élevages et à nous-même.

  • Gestion de l’eau

La gestion de l’eau est aussi un point essentiel dans le maintien des agro-écosystèmes. Les perspectives du changement climatique nous amènent à réfléchir à la gestion de l’eau en terme d’excès comme de manque. La gestion de l’eau impose de réfléchir sur les ressources existantes et celles à créer, sur les moyens de limiter les pertes en eau à tous les niveaux d’usages. En ce sens, les systèmes de mulch ou paillage ont toute leur place.

De même la manière d’irriguer peut être source d’économie ou de pertes d’eau. Les excès d’eau peuvent être envisagés avec des systèmes de captation puis de stockage des excès d’eau (drainage, baissières, haies, système de rétention, etc.). Le stockage de l’eau peut alors devenir une source pour l’irrigation à des périodes où elle viendrait à manquer. L’adaptation des plantes cultivées aux manques d’eau est aussi une problématique à creuser en lien avec les semences, de même que la lutte contre l’érosion hydrique à l’échelle de l’agro-écosystème.

  • Les élevages

La place accordée aux élevages dans l’agriculture est un point important. On envisage trop souvent l’agroécologie comme étant du seule champ des cultures. C’est une erreur. L’équilibre d’un agro-écosystème passe également par la place qu’y occupent les animaux d’élevage. L’hyper-spécialisation de l’agriculture a contraint nombre de structure à ne produire que des légumes ou que des céréales ou encore que des animaux alors que l’agriculture de nos grands-parents était basée sur les systèmes de polyculture-élevage où élevages et cultures étaient en symbiose sur une ferme. Il existe une grande complémentarité entre élevages et cultures au sein d’un agro-écosystème. Par exemple, on peut citer l’effet important sur le milieu microbien des ruminants qui mangent des végétaux et transforment totalement la cellulose de ces derniers et sont capables de restituer par leurs excréments de nombreux éléments bénéfiques au sol et donc aux cultures. Ainsi, les fumiers produits par les animaux d’élevage demeurent une source importante de fertilité pour le sol. Il existe dans plusieurs cultures des préparations de solutions microbiennes à base de produits des ruminants. Les animaux d’élevage et notamment les herbivores, ruminants en tête, peuvent contribuer au maintien d’agro-écosystèmes spécifiques comme on en trouve en montagne dans les zones d’estives. Enfin les systèmes de pâturages comme le pâturage tournant dynamique peuvent contribuer à l’amélioration des ressources pastorales de régions semi-désertiques.

Pour conclure…

Tous ces thèmes et techniques prennent tout leur sens et leur efficacité en lien les uns avec les autres. Tout comme ce sont les interactions entre tous les éléments d’un système qui apportent de la stabilité et de la résilience.

Plus généralement l’agroécologie est fondée sur des savoir-faire paysans qui sont précisés et améliorés grâce aux savoirs scientifiques. Le dialogue entre ces deux parties se fait d’ailleurs d’égal à égal. L’agroécologie n’est pas une invention de scientifiques coupés du réel dans un tour d’ivoire. Elle prend ses racines dans le socle des savoir-faire paysans à travers le monde.

L’agroécologie paysanne prend en compte également d’autres facteurs plus généraux comme notamment, la valorisation des ressources locales, l’usage d’équipements économes en énergie et la valorisation des produits et services en circuit court.

A noter : même si l’agroécologie paysanne comporte un volet technique conséquent elle est également basée sur un certain nombre de principes éthiques.

Félicitation vous êtes arrivés au bout de cet article ! Vous pouvez retrouver cette fiche au format pdf en cliquant sur le lien suivant :  Fiche thématique l’agroécologie.

Nouvelle session du stage « Cheminons Vers l’Autonomie » avec Terre & Humanisme

Pour la troisième année, nous accueillons le stage « Cheminons Vers l’Autonomie » de l’association Terre & Humanisme.

Il aura lieu dans quelques semaines, du 6 au 10 août. Il reste encore des places, n’hésitez pas à vous inscrire en contactant Terre & Humanisme.

L’objectif de ce stage est de donner un certain nombre de bases et de pistes pour celles et ceux qui souhaitent aller vers de l’autonomie familiale. La semaine est organisée par demi-journée avec une thématique particulière à chaque fois.

Pour le prochain stage les thèmes abordés et les intervenants sont les suivants :

  • Qu’est-ce que l’autonomie ? Présentation de la ferme agroécologique la Fustière et de la démarche d’autonomie poursuivie.
  • Techniques de bases et outils de travail du bois – fabrication de ruches Warré : avec Patrick CHARMEAU (auto-constructeur de la maison CHARMEAU dans la région toulousaine).
  • Autonomie énergétique et alimentaire : appareils de cuisson et de séchage économes et fabrication et cuisson de pain au levain à partir de farine produite sur place avec Patrick CHARMEAU et Emmanuel CHEMINEAU (auteur de ce blog).
  • Autonomie au jardin – démarrer son jardin sans travail du sol et gérer la fertilité avec les matières organiques (mulchs nourriciers, couverts végétaux et composts) avec Emmanuel CHEMINEAU.
  • Autonomie alimentaire et santé : les plantes sauvages comestibles et médicinales avec Bettina SENTENAC, ethnobotaniste et herboriste.
  • Autonomie et santé : préparations à base de plantes avec Claire BULTE, formatrice au CFPPA Ariège-Comminges et auteure d’ouvrages sur les plantes aux éditions Piktos.
  • Autonomie au jardin et à la maison – gestion de l’eau : récupération d’eau de pluie, systèmes d’irrigation, paillages, toilettes sèches avec Emmanuel CHEMINEAU.
  • Autonomie alimentaire : transformer le lait (fromages, crème, beurre,etc.) avec Véra MASURAT, qui mène un projet d’autonomie familiale depuis plus de 20 ans.
  • Autonomie au jardin : autoproduire ses semences avec Emmanuel CHEMINEAU.
  • Autonomie et animaux : introduction aux petits élevages avec Emmanuel CHEMINEAU.

Voici le programme détaillé de cette semaine :

Vous trouverez un bulletin d’inscription ici. Il est à retourner à l’association Terre & Humanisme qui organise ce stage.

 

En Ariège, soirée sur les paysans sans terre

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Mercredi 21 février prochain aura lieu à Pamiers une soirée sur « Les paysans sans terre…mort des campagnes ici et ailleurs ? Les dérives du monde agricole… ». Cette soirée est organisée par le CCFD Terre Solidaire 09 avec la participation de la Confédération Paysanne de l’Ariège. Louis Campana de l’association Gandhi International y présentera son film « Une économie de prédateurs ».

Voir l’affiche pour plus d’informations.Affiche soiree Pamiers-10

 

Tous mes vœux pour cette année 2018…

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En ce premier mois de l’année 2018, j’adresse à toutes celles et ceux qui liront ces lignes mes meilleurs vœux : santé, bonheur, épanouissement et tout ce qui manque à chacune et chacun !

Voilà 6 ans que je propose des formations à l’agroécologie et à la permaculture et 10 ans que nous menons, en famille un projet d’autonomie alimentaire. En ce début d’année 2018, je fais justement une pause dans les formations que je propose de façon à me consacrer avec ma famille à ce projet.

L’agriculture vivrière que nous pratiquons est, en effet exigeante en temps et en investissements de différentes natures. Nous avons décidé de déplacer nos jardins potagers suite à nos travaux de design sur la ferme. Ils étaient positionnés jusqu’à présent au nord dans la serre-tunnel et à côté de celle-ci. Mais la bâche étant très âgée maintenant et s’abîmant à chaque nouvelle tempête, nous avons décidé de passer nos jardins au sud de la maison pour relocaliser de manière plus optimale la zone 1 sur notre ferme. Mais nous ne rebâcherons pas le tunnel. Nous espérons pouvoir bâtir une serre adossée en façade sud de la maison pour le remplacer. Cette serre aura ainsi plusieurs fonctions dont une essentielle liée au bio-climatisme de notre maison. Voilà donc de quoi nous occuper un moment…

Nous donnerons des nouvelles de l’avancement de nos travaux sur ce blog.

A bientôt.

 

Formation de spécialisation à l’agro-écologie au CFPPA Ariège-Comminges

Pour la troisième année consécutive, le CFPPA Ariège-Comminges (Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole) propose une formation à l’agro-écologie à destination de porteurs de projet titulaires d’un diplôme agricole (type BPREA) ou d’agriculteurs en activité. Cette formation comporte 4 modules : agronomie du sol vivant, techniques de conservation des sols, agroforesterie et agrosylvopastoralisme, diagnostics et suivi de projets. Elle a lieu du 3 avril au 12 octobre prochains et se déroule à raison d’un jour par semaine (hors vacacances d’été). Elle est financée par la Région Occitanie. Pour les personnes intéressées vous pouvez contacter le CFPPA au 05.61.67.04.60 ou cfppa.pamiers@educagri.fr

Je précise que je suis à l’origine de cette formation et que j’y interviens largement.

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Plantations…

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Profitant du temps clément d’aujourd’hui, nous avons planté des pêchers de vigne dans le jardin sud. Ces arbres ont été déracinés hier chez un voisin et proviennent de levées de noyaux jetés dans un jardin.

Les plants sont donc à racines nues.

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Pour favoriser la reprise des plants, nous avons praliné le système racinaire de chaque arbre avant de le planter. Le pralin est traditionnellement réalisé avec un mélange de terre et de bouse de vache. N’ayant pas de vache sur la ferme, nous avons fait notre pralin avec de la terre argileuse d’une taupinière. Cette terre a été mélangée avec de l’eau à laquelle nous avons ajouté de l’extrait fermenté d’ortie et de consoude afin de protéger les racines des jeunes arbres en occupant le terrain avec des microorganismes bénéfiques.

Le mélange doit aboutir à une texture crémeuse de manière à ce que les racines soient totalement recouvertes lorsqu’on trempe le système racinaire de l’arbre.

Une fois praliné, l’arbre est positionné dans le trou de plantation, préalablement réalisé avec un louchet à une dimension supérieure au volume des racines.

 

A ce stade, il faut bien positionner le collet de l’arbre en surface du sol. Le collet est la zone de transition entre le système racinaire et la partie aérienne de l’arbre. Il est nécessaire qu’il ne soit pas enterré ni que des racines soient exposées à l’air. On peut s’aider pour se faire d’un morceau de bois rectiligne que l’on pose en travers du trou et qui repose de part et d’autre au niveau du sol d’origine. On a ainsi le niveau où positionner le collet.

Puis on remet la terre dans le trou autour des racines de l’arbre en l’émiettant et en retirant les cailloux les plus gros. On tasse régulièrement la terre en utilisant les mains ouvertes.

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Une fois toute la terre remise on tasse encore avec le pied cette fois en formant une légère cuvette et on arrose copieusement. Le fait d’apporter de l’eau permet d’arroser mais également, et surtout, d’effectuer un plombage hydraulique efficace c’est dire à chasser les poches d’air autour des rainces de manière  à garantir une bonne reprise de l’arbre.

Enfin pour finir le pied de l’arbre est abondamment mulché avec du broyât forestier en ménageant un cuvette pour dégager le pied de l’arbre.

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Certains arbres ont été plantés dans un mulch posé il y a plusieurs semaines et constitué d’une couche de carton sur le sol (afin d’occulter le lumière et de faire mourir la végétation en place), de paille et d’une couche de feuilles mortes.

Il n’y a maintenant plus qu’à attendre le printemps et le redémarrage des arbres pour voir s’ils ont bien repris.

Un petit feu…

L’hiver est arrivé de manière précoce cette année. Ce billet est destiné à présenter le moyen de chauffage que nous utilisons depuis près d’une dizaine d’année : le poêle de masse ou à accumulation.

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Ce poêle a été assemblé sur place par une petite société artisanale du Tarn qui s’appelle HIEMSTRA. Il pèse 1 tonne et fait partie des « petits » poêles de masse. Vous trouverez plus d’informations sur ces poêles ici.

Le principe est relativement simple : l’air arrive par le bas en passant par le tiroir à cendre. Les fumées résultants de la combustion du bois circulent dans le bâti, reviennent dans le foyer pour une seconde combustion, libèrent de la chaleur qui est stockée dans la masse du poêle avant de ressortir par le conduit.

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Pour bien fonctionner, la combustion du bois doit se faire rapidement en 1h à 1h30 maximum avec un feu vif, en tisonnant régulièrement. Une fois la combustion achevée, la chaleur accumulée est restituée durant plusieurs heures par rayonnement infra-rouge en réchauffant les corps et les masses dans la maison ce qui offre un confort thermique supérieur aux système de chauffage par convection. Le bois utilisé doit donc être fendu avec des diamètres plutôt petits.

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Pour le démarrage, le foyer est chargé en bois. Le démarrage se fait donc par le dessus avec du papier et du petit bois (cagettes, écorces, etc…)

Après le démarrage, une fois la température de 150°C atteinte, la trappe de passage directe des fumées vers le conduit est fermée de manière à ce que les fumées suivent dorénavant leur circuit pour charger la masse du poêle en chaleur.IMG_20171126_082131La combustion se déroule ensuite jusqu’à ce qu’il ne reste que des cendre dans le fond du foyer. Celui-ci peut alors être utilisé pour chauffer des plats ou cuire du pain.

La température des fumées de sortie n’excède pas 350°C.

Depuis que nous utilisons ce poêle, nous avons divisé notre consommation de bois par 2 par rapport à un poêle classique (type fût Godin). Nous utilisons donc entre 5 à 6 stères de bois chaque année pour un confort thermique bien supérieur à ce que nous connaissions et la possibilité de cuisiner tous les jours avec le poêle une fois la flambée effectuée. Nous n’avons jamais regretté cet investissement (autour de 7000 €). J’ajoute que lors du ramonage annuel que nous effectuons nous récupérons l’équivalent d’un grand bol de suies et pas plus.

Pucerons des racines

 

J’ai été interpellé ces derniers jours par 2 personnes qui avaient des problèmes sur laitues : infestation de pucerons sur les racines même des plants causant leur dépérissement. Après recherche, il s’avère que ces pucerons sont des pucerons lanigères (ou laineux) des racines Pemphigus bursarius. Ces pucerons peuvent attaquer les laitues voire d’autres légumes (chicorée, artichaud, carotte ou haricot) souvent à proximité de leur hôte primaire qui est le peuplier et notamment le peuplier noir. Voici quelques photos prises sur un plant de laitue atteinte chez un habitant de Saverdun :

 

Les moyens de lutte « classiques » contre les pucerons sont utilisables mais le problème est l’accès aux colonies sur les racines des plantes.

D’après un article sur le site de Terre Vivante on peut procéder en curatif à des arrosages avec divers produits ou préparations :

  • anti-puceron du commerce aux extraits de pyrèthre, aux doses indiquées
  • purin de fougère (850 g dans 10 litres d’eau, macération une semaine, dilué à 10 %)
  • décoction de tanaisie (400 g dans 10 litres d’eau, macération 24 heures, faites bouillir 15 mn, utiliser non diluée).

J’ajouterai la possibilité d’un traitement avec du macérât huileux d’ail à 5 % et du savon noir à 3 %. Le macérât huileux d’ail est en effet un bon insecticide et son effet et renforcé par l’effet asphyxiant du savon noir.

Le macérât huileux d’ail est très facile et rapide à préparer : prendre 100 g d’ail avec la pelure, hacher finement. Mélanger dans 3 cuillères à soupe d’huile végétal. Laisser macérer 12h à couvert et à l’abri de la lumière puis mettre la préparation dans une passoire à mailles fines et faire passer 1 l d’eau (de pluie de préférence ou du robinet mais sans trop de chlore) pour récupérer l’huile contenant les principes actifs extraits de l’ail. La solution obtenue est à utiliser diluée à 5 %. L’ail est en outre un bon fongicide et bactéricide.

L’article de Terre Vivante ajoute que des arrosages réguliers par temps sec et le binage perturbent les colonies. On peut coupler ces opérations avec les traitements.

Bon courage aux jardiniers !