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Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je profite de cet avant-dernier jour de janvier pour vous adresser tous mes vœux de santé, bonheur et accomplissement.

Et je vous propose un petit retour sur cette année 2020 et sur ce que j’en retiens de mon point de vue de paysan/formateur sur une petite ferme vivrière en Basse-Vallée de l’Ariège.

La première chose qui m’a le plus frappé au cours de cette année 2020 est la sécheresse sans précédent (en tout cas depuis que nous sommes arrivés ici il y a 16 ans) que nous avons subit cet été. Je renvoie donc vers un post précédent sur le sujet.

L’année 2020 étant achevée nous disposons donc des enregistrements de la pluviométrie pour chacun des mois écoulés. Avec un total de précipitations de 660 mm c’est une année que l’on pourrait qualifier de moyenne puisque justement la pluviométrie moyenne que nous enregistrons chez nous depuis l’année 2005 est de 646 mm. Mais les moyennes étant ce qu’elles sont, il est nécessaire d’aller voir comment ces 660 mm ont été répartis. C’est ce qu’indique le schéma suivant :

On voit bien la période estivale avec la si faible pluviométrie du mois de juillet puis la reprise des pluies en septembre et octobre, la pause de novembre et la forte pluviométrie du mois de décembre. Celle-ci s’est d’ailleurs poursuivie une bonne partie du mois de janvier où nous devrions finir avec une centaine de mm enregistrés. C’est d’ailleurs au passage le plus fort cumul de pluviométrie sur les mois de décembre et janvier depuis 16 ans également. Ceci a pour conséquence actuelle des sols très détrempés voire totalement engorgés en eau sur nos boulbènes avec création de nappe perchée temporaire.

Que nous enseigne donc cette année et les précédentes d’ailleurs ? Et bien tout simplement que nous allons devoir faire face de plus en plus fréquemment à des alternances importantes de période sèches et de périodes très humides avec probablement quelques phénomènes violents au passage. Et ceci m’interroge donc fortement en terme de disponibilité en eau pour les cultures et les animaux. Cet été est la première année en 16 ans où le puits dans lequel nous pompons l’eau pour nos cultures et nos animaux a cessé de nous approvisionner. Il nous a fallu passer sur l’adduction d’eau potable pendant quelques semaines. Il est clair qu’il devient donc indispensable de trouver des aménagements pour stocker l’eau qui tombe en période très pluvieuse afin de pouvoir l’utiliser en période sèche.

Et diversifier les sources d’approvisionnement en eau (pompage, récupération eau de surface, eau d’adduction) devient indispensable pour se prémunir des pénuries à l’avenir. Une fonction doit être assurée par plusieurs éléments si l’on veut contribuer à la création d’un agroécosystème résilient (un principe de base en permaculture au passage).

C’est dans cet objectif que nous avons agrandi une mare proche de la maison afin de stocker de l’eau pour de l’arrosage mais également pour recréer un écosystème et favoriser ainsi la biodiversité sur la ferme. D’ailleurs, entre septembre et octobre, la mare s’est remplie un peu avec les précipitations de ces mois et en ce peu de temps la vie est revenue : triton marbré et de nombreux juvéniles, grenouilles rousses, dytiques, etc…

Il nous reste à étanchéifier complètement cette mare avec une bâche. Elle s’est bien remplie dernièrement grâce aux précipitations importantes du mois mais cela ne tiendra pas longtemps.

La seconde chose que je retiens de cette année 2020 est le retour sur les fermes d’un certain nombre de nos concitoyens ou en tout cas la recrudescence de l’achat de produits auprès d’agriculteurs. Ceci est bien entendu complètement lié à la crise sanitaire actuelle. J’espère juste que ceci sera durable. Avec cela, j’observe également qu’un certain nombre de personne s’est mis ou remis à jardiner avec le souhait de produire pour soi quelques légumes et fruits. On retrouve ici la caractéristique principale de l’agriculture vivrière qui est de produire des denrées alimentaires pour alimenter sa famille et ses proches. Je suis convaincu que cette agriculture vivrière, trop peu considérée en France et pourtant pratiquée par la majorité des paysans à travers le monde, a toute sa place dans cette époque de transitions. Aussi j’invite, celles et ceux qui s’intéressent à ce sujet à me contacter.

Et comme c’est un thème qui m’est cher puisque nous pratiquons l’agriculture vivrière depuis plus d’une décennie, je propose avec Terre & Humanisme un nouveau stage intitulé « Concevoir son projet d’agroécologie vivrière » qui aura lieu à la Fustière du 2 au 6 août 2021. Je donnerai bientôt plus de précisions sur le contenu de stage et sur ses intervenants.

D’autre part, je vais sans doute proposer dans les semaines et les mois à venir de petites conférences ou animations sur le thème de l’agroécologie en me déplaçant pour une soirée de week-end par exemple dans un rayon de 1h30 à 2h de route de chez nous. L’idée est de montrer qu’il est possible de produire chez soi une partie de son alimentation avec des pratiques agroécologiques et de contribuer ainsi à cette transition indispensable de notre société. Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à me contacter.

Je finis donc en vous souhaitant d’être acteur de votre devenir et pourquoi pas de prendre part à cette transition nécessaire de notre société en choisissant de produire une partie de votre alimentation et de vous approvisionner auprès de paysans proches de chez vous pour tisser des liens indispensables à notre avenir.