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pdt début Suite à l’article publié dans ce blog sur l’implantation d’une parcelle de pommes de terre sous paillis, voici les résultats de la culture. floraison large Toutes les pommes de terre ont fini d’être récoltées le 30 août dernier. Je vais donc essayer de faire un bilan assez complet de cette culture. Les modalités de mise en place ont déjà été détaillé dans l’article mentionné au début, je n’y reviens donc pas. pdt floraison Nous avons donc récolté 339,92 Kg de pommes de terre sur les 175 m² de la parcelle. Ceci donne donc un rendement moyen de 1,94 Kg/m² ou encore 19,4 t/ha ce qui n’est pas si mal puisque le rendement moyen en culture biologique en plein champ est de l’ordre de 12 t/ha soit 1,2 Kg/m²  selon les chiffres de la FRAB Midi-Pyrénées (Fédération Régionale de l’Agriculture Biologique). Ce n’est pas si mal pour une culture avec si peu d’intrants et d’entretien (les seules opérations effectuées sont la mise en place de la culture et la récolte) et aucune irrigation. Mais évidemment ce rendement est brut et prend en compte tous les calibres récoltés. Les calibres en dessous de 25 mm et les pommes de terre non commercialisables (abîmées, etc) représentent quand même environ 20 % du total. Ce qui donne un rendement commercialisable de 272 Kg ou encore 1,55 Kg/m². De toute manière, dans notre système rien ne se perd et tout est utilisable. Ces pommes de terre servent à l’alimentation du cochon. Les rapports de rendement par variété sont les suivants : Emeraude et Apollo = 1 pour 10, Eden 1 pour 13,5. Pour cette dernière variété le rapport est plus élevé pour les pommes de terre qui ont bénéficié du compost en andain à la plantation. En effet 1/3 de la surface totale en Eden était constitué de semences de pommes de terre autoproduites conservées en silo et qui ont levé avec un décalage de 2 à 3 semaines sur les autres car elles n’avaient pas d’andain de compost en plus du foin en paillis. Le rendement s’en en est donc trouvé réduit. Les charges opérationnelles affectées à la culture sont les suivantes : – semences = 60,62 € – compost déchets verts environ 450 Kg : 1 trajet A/R à la déchetterie et 20 minutes de chargement (19 Km A/R) – compost de fumier maison : autoproduction – paillis : 2 balles rondes de vieux foin récupéré gratuitement chez un voisin Le temps de travail est le suivant : – chargement du compost et temps de trajet A/R : 40 minutes pour une personne – plantation et épandage du compost : 10,5 h pour une personne – mise en place du paillis : 1,75 h pour 1 personne – récolte : le ramassage des pommes de terre est difficilement mécanisable car en plus du foin en paillis il y a pas mal d’herbes spontanées qui ont poussé à travers. Il a donc été réalisé à la main en plusieurs fois. Le temps de récolte est estimé à une trentaine d’heures pour une personne, ce qui est quand même beaucoup. C’est à mon avis, le principal inconvénient de ce système et qui fait qu’il est difficilement utilisable pour une application professionnelle. En revanche, pour des particuliers il est tout à fait possible de faire un ramassage précoce de pommes de terre sans arracher ni abîmer les plants en remettant bien le paillis de manière à ce que les embryons de pommes de terre restantes puissent encore grossir par la suite et ainsi augmenter la productivité du pied. pdt récolte Pour finir on peut essayer de calculer une marge brute pour avoir une approche partielle de l’efficacité économique de ce système. Les charges opérationnelles totales peuvent donc être évaluées à  66 € (60,62 € de semences et 5 € de gasoil pour l’aller/retour à la déchetterie et le transport des balles rondes en tracteur). Le produit brut est de 345 €. Sur les 340 Kg récoltés, environ 20 % soient 68 Kg sont donnés au cochon donc sans valeur marchande, 120 Kg sont autoconsommés avec une valeur de 1,50 €/Kg et 150 Kg sont vendus à 1,50 €/Kg (dont environ 30 Kg gardés pour la semence de l’année prochaine). La marge brute est donc de 405 – 66 = 339 € soient 1,94 €/m² ce qui est plutôt bon. En regardant la littérature agricole on trouve une marge brute indicative pour la production de pommes de terre bio en plein-champ à 9500 €/ha soit 0,95 €/m².  Evidemment la comparaison s’arrête là car ce système n’est valable que sur de petites surfaces.